Pourquoi les Pyrénées bougent-elles ?


Tectonique des plaques et naissance des Pyrénées

Rotation et convergence de la plaque ibérique vers la plaque eurasienne © OMP
Rotation et convergence de la plaque ibérique vers la plaque eurasienne © OMP

La lithosphère, partie superficielle de la Terre, ne forme pas une coquille constituée d'un seul bloc. Elle se compose d'une mosaïque de plaques animées de mouvements lents : elles s'écartent, s'affrontent ou coulissent l'une par rapport à l'autre. C'est la tectonique des plaques.

 

Localement, vers - 65 millions d'années, une convergence des plaques Ibérique et Eurasienne s'opère. La micro-plaque ibérique passe alors sous la plaque européenne initiant la formation des Pyrénées.

 

Les frontières des plaques tectoniques sont donc le siège de tensions et de contraintes. Au lieu d'occasionner une déformation continue, molle et silencieuse, les tensions s'accumulent petit à petit avant de se relâcher brutalement. Aujourd'hui, l'interaction entre les deux plaques semble s'être atténuée car les mesures GPS actuelles ne traduisent pas de réel mouvement de convergence ou de divergence à cette échelle. Cependant, des mouvements plus localisés sont induits par une sismicité modérée toujours présente sur l'ensemble des Pyrénées.

Failles et sismicité

Carte géologique simplifiée des Pyrénées © Observatoire Midi-Pyrénées
Carte géologique simplifiée des Pyrénées © Observatoire Midi-Pyrénées

La frontière entre deux plaques se traduit par la présence d'un faisceau important de failles. Dans les Pyrénées, le principal faisceau de failles correspond à la "Faille Nord-Pyrénéenne (F.N.P)" qui court grosso-modo de St-Paul de Fenouillet (Pyrénées-Orientales) jusqu'au Pays Basque.

 

Comme le relâchement des tensions le long des failles engendre des séismes, une grande partie (mais pas toute) de l'activité sismique des Pyrénées s'observe à proximité de cette FNP. Elle est engendrée par des glissements le long de failles transverses. Mais de multiples failles ou systèmes de failles existent  (failles de la Têt, du Tech...), multipliant les zones sismiques sur le massif pyrénéen.

 

Les observations scientifiques montrent que la grande majorité des séismes dans les Pyrénées est liée à des glissements "en extension" et non en compression comme on aurait pu le croire à cause du contexte de rapprochement des deux plaques. Les récentes études mettent en lumière deux hypothèses à ce mécanisme le long des failles. L'une d'entre elles repose sur le fait que la sismicité des Pyrénées résulte du rebond isostatique post-glaciaire. Autrefois sujet au poids de la calotte glaciaire dont la fonte s'est opérée il y a (seulement) 10 000 années, la croûte s'est retrouvée libre de cette charge et a entamé une remontée due à cet allégement. Un tel processus, toujours en cours aujourd'hui, entraine un régime d'extension dans la partie supérieure de la croûte, là où l'on observe la sismicité des Pyrénées. D'autre part, on pense également que cette sismicité pourrait être induite par la différence de densité des blocs terrestres qui constituent la croûte. Dans les deux cas, ce sont des processus gravitaires qui seraient à l'origine de la sismicité actuelle.

De multiples zones actives sur le massif pyrénéen

Sismicité enregistrée dans les Pyrénées entre 1989 et 2003 © Observatoire Midi-Pyrénées
Sismicité enregistrée dans les Pyrénées entre 1989 et 2003 © Observatoire Midi-Pyrénées

Depuis les années 60 s'est développé un réseau de stations sismologiques permettant de détecter, localiser et évaluer les tremblements de terre sur la chaine. Cette sismicité instrumentale montre que des séismes sont enregistrés sur l'ensemble du massif. Ils sont effectivement plus nombreux sur les Pyrénées occidentales, principalement regroupés à proximité de la F.N.P, alors que la distribution est plus diffuse à l'Est.

 

Au Nord-Ouest de Pau, on peut remarquer l'essaim de sismicité qui n'est pas d'origine tectonique mais lié à l'extraction du gaz dans le bassin de Lacq.

 

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